"L’intervention du goût dans les questions de couleur désintègre complètement l’orientation prise par toutes les études précédentes. De plus, elle nous amène à découvrir l’idéologie sous-jacente à toutes ces études scientifiques. Il s’agit de l’idéologie démocratique, où l’on fait toujours appel à un vote pour découvrir une majorité de préférence. Mais cette idéologie se heurte au goût et est complètement disqualifiée dans tout le domaine artistique. Les goûts de la majorité sont et seront toujours ridiculisés par l’élite. Tant qu’il n’y aura pas d’éducation du beau, les goûts de la majorité seront toujours populaires et vulgaires. C’est l’anti-beau. Cela est particulièrement évident dans les concours de la chanson, du disque. Il en est de même pour les livres : les best-sellers sont forcément des ouvrages médiocres pour pouvoir plaire à la majorité. On ne peut faire juger de la poésie par une masse qui ne parle même pas correctement sa langue. Il en est de même pour le costume et l’habillement. Les grands noms de la peinture, de la sculpture mondiale ou de la littérature sont imposés par la minorité cultivée et de goût. La majorité inculte leur fait confiance sans pouvoir les apprécier vraiment."
Marc-Alain Descamps (1984) (via littleornowords)
2 years ago on October 22nd, 2009 at 12:29 am | Permalink